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Le Mini-Mammouth du Quai d’Orsay 1685-2013. Histoire et devenir du réseau scolaire français à l’étranger,

par Alain Bry
Paris (A. Bry), 2013, 261 pages.
présenté par Pierre Bauchet.

Alain Bry, Ambassadeur de France, a, comme il l'écrit dans l'introduction, consacré sa vie à «mettre à l'eau, puis maintenir à flot, cette véritable Arche de Noé, « le réseau scolaire français à l'étranger ». L'auteur retrace sous ce titre« l'histoire, de Louis XIV à nos jours, de grands établissements secondaires appelés à un bel avenir ». En 2013, le réseau compte plus de 300 000 élèves français et étrangers, dont le premier établissement fut fondé, hors de nos frontières, pour recevoir des huguenots chassés par l'abrogation de l'Édit de Nantes. L'auteur décrit divers aspects du développement de ce réseau. A partir du XIXe siècle, en 1855, l'Œuvre d'Orient, en1868, l'Alliance Israélite Universelle, en 1884, l'Alliance Française et, après 1905, les ordres religieux, Jésuites notamment, puis la Mission Laïque Française. L'histoire du réseau est décrite de 1911 à 1990, d'abord de 1911 à 1945, période durant laquelle le Quai d'Orsay gère, écrit Alain Bry, en « bon père de famille », en Russie, comme en Europe centrale et en Pologne, puis en Grande Bretagne et en Roumanie.

Au delà des questions posées par la scolarisation de nos jeunes concitoyens exilés, l'appui aux établissements d'enseignement va s'ouvrir à des établissements confessionnels et non confessionnels à pédagogie française. De1945 à 1990, le Quai d'Orsay crée un outil spécifique, la Direction Générale des Relations Culturelles, Scientifiques et Techniques (DGRST), à la mesure du nombre croissant de Français à l'étranger, qui dépasse le million et des établissements ouverts, un sort particulier étant réservé aux Français d'Afrique Francophone. En 1989_1990 une véritable réforme est effectuée avec la création d'une Agence de l'Enseignement Français à l'Étranger dont l'auteur fait le bilan. Au Maroc — où j'ai pu l'observer pendant 2 ans, de 1956 à 1958 — son action fut incontestablement positive, à la hauteur de l'effort financier consenti, très élevé. L'auteur s'interroge d'ailleurs, dans un chapitre IX, sur la possibilité pour la France, de prolonger un effort qui représente 40 % de la totalité des crédits du budget des Affaires Étrangères. Ce bilan fait réfléchir.

Pierre Bauchet