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TRAVAUX DES ACADEMICIENS
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PROUST et le chat de Schrödinger
de Jean-Noël CONTENSON
(Edilivre)

Chercher une réalité matérielle indépendante de nos impressions flottantes est un but de la physique classique. C’est ainsi que, dans une démarche analytique, elle est partie dans l’exploration de l’infiniment petit, des atomes et des particules. Cette démarche a débouché sur la physique quantique : la matière dépend du regard de l’observateur, n’a pas de réalité en soi. C’est le paradoxe du Chat de Schrödinger, qui serait à la fois mort et vivant, tant qu’on ne le regarde pas, et qui aurait donc une réalité étrangère à son apparence ordinaire. Notre regretté confrère Bernard d’Espagnat, en tirant les conséquences philosophiques, a conçu la notion de « réel voilé » : il y a au fond de la matière quelque chose qui résiste de façon universelle, et ce fond ne pourra jamais être atteint par la science.

Jean-Noël Contensou, est un polytechnicien qui a fait une carrière d’informaticien logicien à partir de sa sortie de l’école, et ainsi contribué au développement, dans notre pays, de l’industrie des logiciels, qui est une de nos forces dans la compétition internationale. Il se présente comme un autodidacte, disciple inconditionnel de Bernard d’Espagnat. Il rappelle que la recherche d’une réalité du monde, le monde des gens et des paysages, au-delà des apparences mouvantes et provisoires, n’est pas réservée aux physiciens : elle a suscité des aspirations religieuses et artistiques en quête de quelque chose de vrai, mais hors d’atteinte. Son idée est qu’il existe une filiation entre le réel voilé, perçu au niveau microscopique, et une notion de réel tout aussi voilé, de niveau macroscopique : une sorte de «résurgence», dans notre monde familier, de l’énigme quantique. S’engageant dans une analyse fouillée des textes, et utilisant largement des citations, il montre que Marcel Proust décrit comment une réalité lui échappe dans une expérience artistique de même niveau  d’exemplarité qu’une expérience scientifique. Une réalité d’arbres au bord d’une route, «éternelle et fuyante», au-delà de leur apparence, est révélée à une part de Proust tout aussi éternelle et fuyante.

Le fond voilé de la physique microscopique s’étend à un tréfonds universel dont on ne peut rien dire tant qu’il ne se révèle pas à un artiste : ce que Jean-Noël Contensou appelle le réel natif.

Pour sa démonstration, il n’hésite pas à utiliser plusieurs méthodes de réflexion. Celle, socratique, de « Marcellus » descendu de l’Olympe, et engageant une conversation avec (Pl)aton, (Dé)mocrate et le berger ; celle voltairienne des lettres à Candide ; celle du blog d’internet ; celle enfin du résumé auquel un lecteur éventuellement désorienté pourrait en permanence se référer, en annexe finale.

Dans la préface du livre, Bernard d’Espagnat affirme d’emblée que ce qui le convainc que la science ne peut et ne pourra jamais accéder au réel en soi (le tréfonds des choses), c’est la science elle-même et non quelque révélation intérieure que nous aurions de ce dernier.

Mais il a trouvé dans l’ouvrage de celui-ci « le mérite de rendre plausible »  je le cite « un rapprochement entre nos deux grandes cultures : la littéraire et la scientifique, dont le divorce est, on le sait bien, une grande déficience de l’Occident ». « Est-il véritablement plausible », demande-t-il, « qu’entre la sensibilité proustienne et l’évanescence de la matière, il y ait plus qu’une branlante analogie ?... » « Le moindre mérite de Contensou est d’avoir courageusement rapproché ce qui semblait inconciliable ; relié la réflexion aux sens par des manières de voir présentant de la cohérence ; et de l’avoir fait avec un bonheur d’écriture qui, même sur des points délicats, évite au lecteur des efforts de déchiffrement et lui permet ainsi de saisir l’essentiel ».

« Curieux rapprochement, dit l’auteur en introduction, ce lien entre Marcel Proust et la physique semble inexistant. Vouloir établir ce lien, c’est se placer délibérément dans un trou, un blanc du discours, aussi bien celui des exégètes de Proust que celui des physiciens... »

« Mais pour aller voir quoi ? La quête de la réalité. Une réalité en dehors du temps : sauter à pieds joints dans le fossé qui sépare esprit et matière, Dieu et le matérialisme ».

compte-rendu d'ouvrage fait par Michel Pébereau

 

Chers Confrères,

J’ai le plaisir de déposer sur le bureau de l’assemblée le livre de notre confrère Jean Tirole intitulé « Economie du Bien Commun ». C’est un très bel ouvrage, où Jean Trole nous fait partager sa passion pour cette science, toujours en développement, qu’est l’économie. Vous connaissez toutes les qualités exceptionnelles de Jean Tirole, la grande portée de son œuvre scientifique qui lui ont valu les plus hautes distinctions – dont le prix Nobel – et la reconnaissance de ses pairs partout dans le monde. Ce n’est pas un hasard qu’il ait rejoint notre Académie. Dans son livre – où ne figure sur 629 pages limpides qu’une seule équation, et encore elle figure en note de bas de page, Jean Tirole nous montre comment la science économique fournit un grand nombre d’instruments utiles pour pouvoir accéder au bien commun. Jean Tirole a une formidable conception du rôle de l’économiste, fort bien décrit dans le chapitre 3 de son ouvrage intitulé l’économiste dans la Cité.

Ce livre passionnera évidemment les économistes, tant il présente la quintessence des enseignements de cette science, que Jean Tirole a contribuée tout au long de sa carrière à faire progresser. Mais tous ceux qui pratiquent d’autres disciplines – sociologues, politologues, historiens, juristes… - pourront en lisant l’ouvrage de Jean Tirole découvrir que les outils forgés par la science économique peuvent contribuer à une meilleure compréhension des comportements humains et sociaux, des décisions individuelles et collectives. Sans jamais céder à la très grande rigueur de l’analyse, Jean Tirole a réussi l’exploit de présenter avec simplicité et élégance des raisonnements issus de formalisation mathématique sophistiquée.

L’auteur nous montre comment on peut parvenir à résoudre un grand nombre de problèmes que nos sociétés affrontent dans des domaines très variés en recourant à l’analyse économique rigoureuse. Partisan ni du tout marché, ni du tout Etat, Jean Tirole adopte une attitude très pragmatique, équilibrée pour toujours parvenir à atteindre l’efficacité et l’équité. L’« homo economicus » est certes caractérisé par la rationalité, mais, chez Jean Tirole, il est aussi homo psychologicus, homo socialis, homo juridicus, homo ethicus : l’économie est bel et bien une science humaine, une science sociale. Les analyses de Jean Tirole couvrent une palette incroyablement variée de domaines, emploi et chômage, croissance, gouvernance des sociétés, lutte contre le changement climatique, pollution, tarification de l’électricité, régulation des services publics, éducation et recherche, régulation financière, Europe… Et bien d’autres sujets encore.

Jean Tirole, au terme de ses analyses, conclut, tranche, indique les voies et moyens les plus propices pour résoudre le problème traité. Mais avec une grande honnêteté intellectuelle, il ne cache pas aussi les limites de l’approche économique, ou les incertitudes qui demeurent au terme de l’analyse. Formons le vœu que ceux qui exercent le pouvoir ou aspirent à le faire, fassent de l’Economie du Bien commun leur livre de chevet, et s’en inspirent, et suivent la démarche exigeante et féconde proposée par Jean Tirole.

Cet ouvrage fait déjà date tant il est intelligent, riche, fécond, tant il enrichit considérablement la boite à outils qui non seulement nous permet de comprendre le monde mais aussi - si les outils sont utilisés à bon escient - à le rendre meilleur, plus proche des aspirations tant individuelles et collectives.
Ce n’est pas à l’économiste de définir le bien commun, mais une fois qu’il est défini, c’est à lui qu’il incombe de déterminer comment l’atteindre le plus efficacement et le plus rapidement. Ce livre d’un grand penseur, donne à penser ! 

Denis Kessler

Outre-terre

par Jean-Paul Kauffmann, Paris, Équateurs, 2016
(déposé par M. Jean-Robert Pitte au cours de la séance publique du lundi 7 mars 2016]

Comme il nous y a habitués depuis son retour de captivité à Beyrouth en 1988, Jean-Paul Kauffmann publie tous les deux ou trois ans un essai ou un roman profond, sensible, pétri de géographie et d'histoire, au style à la fois simple et admirablement ciselé. Une nouvelle fois, il nous transporte dans une contrée improbable et peu hospitalière. Après Courlande, la forêt landaise, Sainte-Hélène, les îles Kerguelen, voici la ville d'Eylau, naguère en Prusse, aujourd'hui nommée Bagrationovsk, dans l'exclave russe de Kaliningrad, jadis Königsberg. Il décrit ce territoire cafardeux où il débarque une première fois seul en 1991, puis une deuxième en 2007 en famille, en plein hiver, à l'occasion du bicentenaire de la bataille de Napoléon dont l'épopée le fascine. « D'accord, écrit-il (p. 16), j'ai un faible – plus qu'un faible, une complaisance – pour les lieux qui n'entretiennent aucune illusion. Aller voir quand il n'y a rien à voir. » Et plus loin (p. 96) : « […] j'ai décidé de me laisser porter par les circonstances […]. Je m'abandonne aux hasards de cette célébration. » Tout au long de ce livre attachant, il mêle l'analyse de la bataille meurtrière d'Eylau au résultat si ambigu avec le tableau du site actuel et le récit de la commémoration organisée par les Russes qui considèrent plus ou moins avoir remporté la victoire sur les Français ! Passe également au fil des pages le fantôme de Kant et celui du colonel Chabert dont l'infortune jaillie de l'imagination de Balzac a commencé sur ce champ de bataille.

L'effet Lucifer. Des bourreaux ordinaires

par Patrick Clervoy / Paris (CNRS Éditions) / 2013 / 333 pages
[déposé par M. Bertrand Saint-Sernin au cours de la séance publique du lundi 16 juin 2013]

Patrick Clervoy, médecin en chef des Armées, dirige le service de psychiatrie de l'Hôpital d'instruction des Armées Sainte-Anne de Toulon et est professeur de médecine au Val-de-Grâce. L'effet Lucifer est un livre passionnant et inquiétant. L'auteur, s'appuyant sur un grand nombre d'exemples, décrit minutieusement comment des gens ordinaires se transforment en bourreaux. Il part de deux expériences : l'une, de Stanley Milgram, à Yale, en 1960, sur les effets de la soumission à l'autorité, où l'auteur, outre l'expérience qu'il conduit avec des étudiants, évoque l'histoire du 101e bataillon de réserve de la police allemande qui, en Pologne, eut « la responsabilité directe et indirecte de la mort de 83000 Juifs » ; l'autre, de Philip Zimbardo, en 1970, sur ce que ce psychologue appelle "L'effet Lucifer. Comprendre comment de braves gens deviennent mauvais (Lucifer Effect. Understanding how good people turn evil)", Random House, 2007 ...

Le monde quantique

par Michel Le Bellac / EDP Sciences / avril 2010 / 227 pages

La physique quantique a permis de concevoir des objets comme le transistor et le laser, à la base de la révolution technologique qui en moins de trente ans a bouleversé notre vie quotidienne. En évitant tout formalisme mathématique élaboré, l'auteur se propose de donner les clés pour comprendre le fonctionnement d'objets emblématiques créés par l'ingénierie quantique comme les diodes laser ou les horloges atomiques, ainsi que les enjeux de recherches récentes par exemple sur les atomes froids ou les condensats de Bose-Einstein. Il explore en profondeur les principes de ce qu'Alain Aspect a baptisé la «seconde révolution quantique «fondée sur le concept d'intrication, en traitant aussi bien de questions fondamentales comme la non-localité que des développements récents de la cryptographie et du calcul quantiques. Enfin il donne dans les deux derniers chapitres une discussion actualisée des problèmes posés par les fondements de la théorie quantique ...

Napoléon et 40 millions de sujets. La centralisation et le premier empire

par Jean TULARD, Marie-José TULARD / Essai (broché) - Tallandier / mai 2014 / 400 pages

Comment Napoléon gouverna-t-il le Grand Empire, soit quarante millions de sujets à son apogée ? En choisissant de gouverner les 134 départements sans laisser d'autonomie aux autorités locales, Napoléon ne fait rien d'autre que poursuivre l'œuvre de l'Ancien Régime et plus encore de la Révolution jacobine. Probablement est-ce même le trait le plus saillant du système autoritaire qu'il institua. L'État tout-puissant ne s'appuie pas seulement sur les préfets et les sous-préfets qu'il désigne mais aussi sur les maires qu'il nomme. C'est bien le pouvoir central qui décide de tout. En raison de ses faibles moyens et des difficultés de communication, la machine fonctionne plutôt mal et ses défaillances sont nombreuses ...  

Généalogies philosophique, politique et imaginaire de la technoscience

par Gilbert Hottois / Essai (broché) / janvier 2014 / 288 pages

Le présent ouvrage a pour fins de : Clarifier l'origine du terme "technoscience" et l'évolution de son usage. La technoscience a deux origines indépendantes qui remontent aux années 1970: anglaise (américaine) et française (belge). Rendre accessible un texte fondateur qui n'avait jamais encore été publié intégralement : "Philosophie et futur" (1976), probablement un des premiers textes français qui utilise la littérature de science-fiction comme source d'inspiration et d'illustration pour la réflexion philosophique. Encourager la lecture et l'étude de la science-fiction, passée et actuelle, en raison de sa pertinence pour le questionnement et la réflexion philosophiques ...

Nicole BENSACQ-TIXIER, Dictionnaire biographique des diplomates et consuls en Chinel 1918-1953, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2013, 503 p. in 4°

Ce livre fait suite au Dictionnaire du corps diplomatique et consulaire français en Chine (1840-1911), que l'auteur a publie en 2003 aux éditions des Indes savantes. II est particulièrement bienvenu en cette année de célébration des relations franco-chinoises ou les productions savantes françaises sont un peu maigres au regard des chinoises. Le volume donne la biographie détaillée des 190 diplomates français qui furent en poste en Chine entre 1918 et 1953, date du départ du dernier diplomate expulse par le gouvernement communiste, et de la fermeture du bureau diplomatique de Pékin. Le travail est fonde sur l'exploitation minutieuse et rigoureuse des archives du Ministère des Affaires étrangères Paris et a Nantes, sur la collecte des papiers prives et de nombreux témoignages oraux. Chaque notice est écrite avec soin, illustrée par des citations bien choisies de la correspondance officielle et privée. L'information est précise et sure. L'auteur réussit avec beaucoup d'art a retracer la personnalité de l'agent, aussi bien que ses idées, son action et son comportement dans différents environnements au cours de sa carrière. Les personnages les plus controverses sont traites avec une remarquable objectivité. Sur les plus célèbres, on découvre des faits parfois ignores. C'est un excellent ouvrage de référence qui comble un vide et rendra de grands services. II apporte des connaissances neuves sur beau coup d'aspects méconnus de I 'histoire de la Chine républicaine et de ses relations internationales, dans lesquelles le rôle de la France est quasiment oublie par I 'historiographie, essentiellement anglo-saxonne, chinoise, japonaise et russe. Les éclairages inédits qu'on trouve au fil des pages de ce volume sur beaucoup d'épisodes controverses de l'avant-guerre et de la guerre nourriront certainement des recherches futures. L'appareil critique est complète par le texte des traites et conventions entre la France et la Chine, la liste des postes et de leurs titulaires, la liste des ministres des Affaires étrangères, l'inventaire des sources d'archives et témoignages, une bibliographie et des cartes. Ce travail très solide et utile mériterait d'être récompense par le Prix Dulong-Sainteny. Le montant de ce prix permettrait l'auteur de publier sa très bonne monographie sur la présence diplomatique, les intérêts, les oeuvres et la politique française en Chine de 1912 a1953, manuscrit qui a été accepte par les Presses Universitaires de Renne, mais pour !'impression duquel celles-ci exigent une aide financière qu'actuellement aucune institution n'est en mesure de fournir.

Marianne BASTID-BRUGUIERE

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Le Mini-Mammouth du Quai d’Orsay 1685-2013. Histoire et devenir du réseau scolaire français à l’étranger

par Alain Bry, Paris (A. Bry), 2013, 261 pages, présenté par Pierre Bauchet.


Alain Bry, Ambassadeur de France, a, comme il l’écrit dans l’introduction, consacré sa vie à «mettre à l’eau, puis  maintenir à flot, cette véritable Arche de Noé, « le  réseau scolaire français à l’étranger ».

L’auteur retrace sous ce titre« l’histoire, de Louis XIV à nos jours, de grands établissements secondaires appelés à un bel avenir ». En 2013, le réseau compte plus de 300 000 élèves français et étrangers, dont le premier établissement fut fondé, hors de nos frontières, pour  recevoir des huguenots chassés par l’abrogation de l’Édit de Nantes.  L’auteur décrit  divers aspects du développement de ce réseau.  A partir du XIXe siècle, en 1855, l’Œuvre d’Orient,  en1868, l’Alliance Israélite Universelle, en 1884, l’Alliance Française et, après 1905, les ordres religieux, Jésuites notamment, puis la Mission Laïque Française.

L’histoire du réseau est décrite de 1911 à 1990, d’abord de 1911 à 1945, période durant laquelle le Quai d’Orsay gère, écrit Alain Bry, en « bon  père de famille », en Russie, comme en Europe centrale et en Pologne, puis en Grande Bretagne et en Roumanie. Au delà des questions posées par la scolarisation de nos jeunes concitoyens exilés, l’appui aux établissements d’enseignement va s’ouvrir à des établissements confessionnels et non confessionnels à  pédagogie française.

De1945 à 1990, le Quai d’Orsay crée un outil spécifique, la Direction Générale des Relations Culturelles, Scientifiques et Techniques (DGRST), à la mesure du nombre croissant de Français à l’étranger, qui dépasse le million et  des établissements ouverts, un sort particulier étant réservé aux Français d’Afrique Francophone. En 1989_1990 une véritable réforme est effectuée avec la création d’une Agence de l’Enseignement Français à l’Étranger dont l’auteur fait le bilan. Au Maroc — où j’ai pu l’observer pendant 2 ans,  de 1956 à 1958 — son action fut incontestablement positive, à la hauteur de l’effort financier consenti, très élevé. L’auteur s’interroge d’ailleurs, dans un chapitre IX, sur la possibilité pour la France, de prolonger un effort qui représente 40 % de la totalité des crédits du budget des Affaires Étrangères.
Ce bilan fait réfléchir.

Pierre Bauchet




Création d’entreprise. La double révolution

par Yvon Gattaz, Paris (Eyrolles), 2014, 216 pages, présenté par Pierre Bauchet.


Les propos de Monsieur Yvon Gattaz sont le fruit d’une double expérience ; il crée le groupe RADIAL, puis, en1986, l’association, « Jeunesse et entreprises ».

L’ouvrage relève les deux aspects significatifs de cette évolution : l’intérêt croissant des étudiants comme celui des enseignants de l’enseignement supérieur français pour la création et le développement d’entreprises, les encouragements en ce sens de l’opinion et des pouvoirs publics, par des initiatives réglementaires, tels le statut d’auto entrepreneur,  ont contribué à la création et a développement d’entreprises comme en témoigne les statistiques récentes. En effet, à partir des années 70, la France crée de nouvelles  entreprises à un rythme qui devait, en 2009, dépasser celui de nos voisins européens. Le Monde du I5 février, dans un article intitulé «  Start up, la France se réveille », vient confirmer cette évolution.

Le président Gattaz nuance à juste titre cet optimisme. Il montre que la France a connu « une mortalité infantile peu compressible ». En outre, la croissance des petites entreprises ainsi créées, a été faible, soit que les chefs d’entreprise hésitent à embaucher, soit qu’ils craignent de nouvelles crises.

Les témoignages de créateurs d’entreprises  viennent illustrer dans  cet ouvrage les conclusions de l’auteur.

 

Pierre Bauchet



La Fayette ; rêver la gloire

Auteurs : Patrick Villiers, Laurence Chatel

De Brancion Né en 1757, Gilbert du Motier, marquis de La Fayette, reçoit au berceau santé et rang social puis la richesse. Celle-ci lui permet de se marier dans une des premières familles à la cour de France, et de vivre à Versailles, où sa gaucherie fait parfois rire Marie-Antoinette. Il faut chercher la gloire ailleurs. En Amérique, des colons veulent s'affranchir de la tutelle de la couronne britannique. Ils demandent l'aide de la France. La Fayette s'engage. Le Nouveau Monde l'enthousiasme. La victoire, grâce aux troupes envoyées par le roi de France, permet la naissance des États-Unis. Gilbert s'affiche en héros. Il milite désormais pour suivre l'exemple américain. Il rêve d'être le Washington français. En guerre contre le roi, puis contre l'Assemblée, puis contre l'Europe, il termine en prison quelque part dans le bassin du Danube. Adrienne, sa femme, s'illustre en venant le rejoindre, icône d'amour conjugal. C'est Bonaparte qui obtient sa libération. La Fayette rêve d'un rôle dans cette France nouvelle. En vain. Après Waterloo, et la montée sur le trône des princes qu'il côtoyait à Versailles, il trépigne : l'âge vient, et il n'est pas le héros des Français... Son combat contre l'esclavage, pour la libération des colonies espagnoles, de la Pologne, des États italiens, l'illustre cependant. Invité par le président Monroe, La Fayette fait une tournée triomphale aux États-Unis, avant de rejouer la scène du balcon, cette fois avec Louis-Philippe, « roi des Français ». Cet ouvrage fait revivre cet homme qui a participé au destin de deux pays, dans des palais et sur des champs de bataille, par des discours officiels et des intrigues de salon, tenaillé toujours par ce que son ami Jefferson qualifiait de « faim canine pour la gloire ». C'est une grande fresque historique qui offre documents et images inédits.

2013, Monelle Hayot, 350 pages

Histoire de la résistance

Auteur : Olivier Wieviorka

Pendant la Seconde Guerre mondiale, des hommes et des femmes, refusant la fatalité de la défaite, ont combattu contre l'Allemagne nazie et le régime de Vichy. Ouverte dès juin 1940, cette lutte a emprunté plusieurs chemins. Les mouvements de résistance, soucieux d'agir sur la population, privilégient une stratégie civile fondée sur la diffusion de la presse clandestine, l'organisation de manifestations ou la grève. Les premiers réseaux, pour leur part, optent pour une stratégie militaire centrée sur le renseignement, le sabotage ou l'exfiltration des soldats alliés tombés dans l'hexagone. Le général de Gaulle, enfin, appelle à la lutte dès le 18 juin 1940, privilégiant d'abord l'organisation de la France Libre à Londres. A partir de 1942, en revanche, la situation évolue à l'unisson du retournement militaire acté par Stalingrad. L'instauration du Service du Travail Obligatoire oblige les réseaux à réagir pour accueillir les milliers de réfractaires qui se ruent vers les montagnes. Mesurant le potentiel croissant de la résistance intérieure, de Gaulle entreprend, grâce à Jean Moulin, de l'unifier pour accroître son efficacité et montrer à des Alliés sceptiques que la France se rassemble derrière la Croix de Lorraine. Cette unification ne va pas sans heurts ni drames à commencer par la disparition de Jean Moulin. S'ouvre alors la dernière phase marquée par le Débarquement puis la Libération. Pour la première fois, Olivier Wieviorka embrasse l'ensemble du sujet, de la formation des premiers réseaux au rôle exact de la Résistance dans la Libération. Il dissèque les différentes organisations, raconte et analyse les conflits et les hommes, fait le point sur les nombreux mystères et polémiques qui n'ont jamais cessé depuis 1945. Le résultat, impressionnant, offre un ouvrage à la fois complet et accessible, synthétique et vivant, appelé à devenir pour longtemps le livre de référence sur le sujet.Membre de l'Institut universitaire de France et professeur des Université à l'Ecole normale supérieure de Cachan, Olivier Wieviorka est un spécialiste reconnu de la Seconde Guerre mondiale à laquelle il a consacré plusieurs livres dont une Histoire du Débarquement qui fait autorité.

2013, Perrin, 588 pages

Lettres de M. Étienne Gilson adressées au P. de Lubac et commentées par celui-ci Correspondance 1956-1975

Auteurs : Étienne Gilson - Henri de Lubac

 

Aux dix-neuf lettres d’Étienne Gilson éditées par le P. de Lubac chez Aubier en 1986 ont été ajoutées, pour cette nouvelle édition, quatorze lettres du P. de Lubac qui éclairent et précisent la nature des relations entre ces deux interlocuteurs d’une exceptionnelle envergure intellectuelle. L’amitié qui les lie et s’approfondit au fil du temps, en dépit de divergences de fond, repose sur la même quête inlassable de cette étroite articulation entre la destinée de l’homme et le mystère de Dieu qu’appellent et qu’exigent leur raison et leur foi commune.

 

En 1986, le P. de Lubac présentait la 1re édition comme un « document exceptionnel pour aider à comprendre les grands débats philosophiques et théologiques qui ont animé la vie intellectuelle dans le catholicisme d’un bon demi-siècle : le dépassement du thomisme "à l’usage des écoles", la recherche d’une "philosophie chrétienne" qui respecte l’autonomie de la philosophie et de la théologie, le "modernisme", la "nouvelle théologie" et la "question du surnaturel, la pensée de Teilhard" ». En somme, ces étemelles questions métaphysiques qui logent au cœur de tout homme.

 

2013, cerf, 290 pages

 

 

L'amour du vin

 

Sous le direction de Jean-Robert Pitte

 

Un sage chambertin qui évoque un sous-bois de feuillus un soir d'automne, un bandol qui nous fait sentir la garrigue chauffée par le soleil du Midi, un champagne qui nous rappelle un corps aimé. Il est peu de matières, d'aliments qui suscitent un tel émerveillement, une telle passion et qui sont aussi ancrés dans notre société. Le vin fait partie de notre histoire, de notre civilisation et de notre culture. Face à la montée de la prohibition qui privilégie le principe de précaution plutôt que l'apprentissage d'une consommation responsable, il fallait revenir sur notre relation complexe et paradoxale au vin, sur ses origines, ses liens avec la religion, la santé, l'éducation, le politique. Et sur sa contribution éclatante au rayonnement de la France dans le monde.

 

2013, CNRS, 170 pages

 

Le propre de l'homme sur une légitimité menacée

 

Auteur : Rémi Brague

 

Armes de destruction massive, pollution, extinction démographique : tout ce qui menace l’homme en tant qu’espèce vivante ne fait plus de doute. Mais il existe des facteurs qui viennent de l’homme lui-même, visant à saper son humanité propre. Ces facteurs ont beau être plus difficiles à saisir, c’est eux que Rémi Brague tâche de repérer à travers une analyse fulgurante et radicale de l’idée d’humanisme.

Car il ne s’agit plus de savoir comment nous pouvons promouvoir la valeur homme et ce qui est humain, en luttant contre toutes les figures de l’inhumain. Il s’agit désormais de savoir s’il faut vraiment promouvoir un tel humanisme. C’est l’humanisme lui-même qui est mis à mal. Ce phénomène récent, Rémi Brague en aperçoit des signes avant-coureurs dans trois œuvres majeures du XXe siècle, celle du poète russe Alexandre Blok, qui écrivait à l’ère de la révolution d’Octobre, et, plus près de nous, celles des philosophes Michel Foucault et Hans Blumenberg.

Nous ne pouvons plus nous bercer d’illusions. Il est facile de prêcher un humanisme réduit aux règles du vivre-ensemble, mais comment le fonder ? La pensée moderne est à court d’arguments pour justifier l’existence même des hommes. En cherchant à bâtir sur son propre sol, à l’exclusion de tout ce qui transcende l’humain, nature ou Dieu, elle se prive de son point d’Archimède. Est-ce une façon de dire que le projet athée des temps modernes a échoué ? C’est au lecteur d’en juger.

 

 

2013, Flammarion, pages

 

Droit européen des affaires

Auteur : Louis Vogel

 

Ce Précis est consacré aux règles essentielles du droit européen des affaires, c'est-à-dire aux principes de libre circulation et de libre concurrence et à leur mise en oeuvre. Le principe de libre circulation constitue le fondement de la plupart des règles matérielles du droit européen des affaires qui ont pour objet principal de réaliser le " marché intérieur " (Partie 1) permettant le décloisonnement des marchés nationaux. Le principe de libre concurrence, quant à lui, est apparu dans un premier temps comme un instrument juridique subsidiaire par rapport aux règles relatives à la libre circulation. Pourtant très vite, le droit de la concurrence (Partie 2) a gagné en autonomie s'opposant par exemple aux ententes de répartition des marchés entre les entreprises, et devenant de fait un élément fondamental de la matière.

 

2012, Dalloz ,700 pages

Les Bulletins de la grande armée

Auteur : Jacques Garnier

Les Bulletins de la Grande Armée, dont l intégralité est publiée dans ce volume, constituent, sans conteste, le récit le plus vivant des campagnes napoléoniennes. « Menteur comme un bulletin », avait-on coutume de dire... Jacques Garnier, au travers d une lecture minutieuse et critique des textes, en révèle les intentions, les contradictions, le sens. Il nous invite à jeter un regard neuf sur ce qui reste les comptes rendus les plus immédiats des batailles livrées entre 1796 et 1815 : écrits ou dictés par Napoléon Bonaparte lui-même, parfois rédigés par un membre de son état-major, corrigés ou non par l Empereur, mais toujours au soir ou, au plus tard au lendemain des batailles. Ces récits « en temps réel », qui ont l intérêt de ne pas anticiper sur les événements à venir, nous livrent les faits militaires, mais bien davantage encore : ils nous révèlent comment le général, le plus souvent glorieux, parfois défait, analyse les situations et perçoit les hommes. Ils livrent aussi l image qu il entend donner de son action puisque ces textes étaient destinés à être largement diffusés en France et en Europe. Alors « menteurs » les bulletins ? Parfois sans doute. Mais toujours vrais, « plus vrais qu aucune des publications européennes de cette époque », affirmait Adolphe Thiers, le grand historien du Consulat et de l Empire. Cet ouvrage est la première version intégrale publiée en France.

2013, Soteca
623 pages

Le protestantisme américain De Calvin à Billy Graham

Auteur : Alain Besançon

La nation américaine est la plus puissante des nations qui se partagent le monde. Elle se considère aussi comme la plus développée, la plus moderne et montre le chemin. De toutes les nations " développées ", elle est paradoxalement la plus religieuse de toutes. Cette nation est protestante. Les premiers immigrants ont traversé l'océan pour défendre leur version du christianisme, au risque des naufrages, de la famine et des Indiens. Ils se sont exposés au martyre pour défendre des points de doctrine qui nous paraissent vains, obsolètes, sans intérêt. Nous comprenons les conquistadores qui ont risqué pareillement leur vie, parce que le désir de s'enrichir, l'Auri sacra fames est de partout et de toujours. Mais que les premiers émigrants, ceux du Mayflower, ont couru ces risques parce qu'ils ne supportaient pas, par exemple, que les prélats anglicans portassent des vêtements liturgiques, en somme pour un souci de pureté, nous l'enregistrons comme un fait, mais il nous est devenu incompréhensible.Il existe d'excellents travaux en français sur l'histoire religieuse des États-Unis. Je me suis servi d'eux abondamment. Ce n'est que récemment qu'ils atteignent un certain public. Comme le réveil des religions est patent depuis un demi-siècle, et s'impose à nous, éberlués, sous des formes brutales, déformées et ignorantes de leur tradition, nous avons intérêt à les connaître mieux. Rien que pour cela le présent essai, si sommaire soit-il, peut rendre service. Les pèlerins du Mayflower apportaient avec eux une religion toute faite. C'est la raison de la stabilité religieuse. Les Américains n'ont pas eu besoin de fabriquer une nouvelle théologie : Elle était déjà toute constituée. C'est pourquoi, si on veut la comprendre, il faut repasser l'Océan et remonter très en arrière. Elle est un héritage direct de l'Angleterre. La tumultueuse histoire du puritanisme nous oblige donc à nous faire une idée de la Réforme dans ce royaume. Et pour cela, repasser encore la mer en direction du continent européen. Une personnalité prodigieuse, Luther, avait opéré la rupture théologique avec l'Église de Rome que rien ni personne ne put réparer. Calvin assura la pérennité du mouvement en proposant une Église alternative, merveilleusement organisée, souple et solide, adaptée à tous les types de société et de régime politique. On peut être calviniste sous un patriciat urbain (le milieu d'origine, le plus favorable), sous une monarchie, sous une république aristocratique ou marchande, sous une démocratie. Les rapports entre ce type d'Église et l'État s'accordent facilement, le magistrat et le pasteur gardant leur indépendance, leur autorité respective, dans un rapport "symphonique" entre l'un et l'autre. En Amérique, il y a une prédisposition, et une affinité entre démocratie et calvinisme, quoique sans relation causale dans un sens ni dans l'autre.

2013, de Fallois
238 pages

Propos impertinents sur le cinéma français

Auteur : Jean CLUZEL

Dans ses Propos impertinents sur le cinéma français, le sénateur Jean Cluzel démontrait en 2003, chiffres à l'appui, que le cinéma français coûtait beaucoup plus cher au contribuable que d'autres cinémas du monde occidental, sans être pour autant indubitablement meilleur.

Du jour au lendemain, presque tous lui tournèrent le dos : il avait violé un tabou. A une ou deux exceptions près, personne n'accepta de le rencontrer sur un plateau ou devant un micro,

Malgré cela, le livre ne se vendit pas trop mal, car il fut l'objet de ce qu'on peut appeler un pilonnage par le haut, certaines bonnes âmes s'étant peut-être décidées à en racheter des exemplaires, ce qui permit au livre de rentrer rapidement dans la catégorie des titres épuisés.

Aujourd'hui, la situation a changé : la commissaire européenne en charge de la culture, Mme Neelie Kroess, a décidé de s'attaquer à l'exception en Europe que représente le système français de subvention au cinéma.

Tout cinéphile amateur admettra facilement que le cinéma allemand (Fassbinder, Herzog) ou autrichien (Hanecke), pour ne citer qu'eux, ne sont pas de moindre valeur que le cinéma français, bien qu'ils coûtent moins cher au contribuable. La commission de Bruxelles a donc décidé de frapper du poing sur la table. La presse française a relevé ce tournant du bout des lèvres. Ainsi, l'article du Point du 10 janvier, p.24, intitulé Cinéma : le couperet de Bruxelles, n'occupe qu'une brève colonne.

Mais aujourd'hui n'est tout de même plus hier. A la mi-janvier, une émission de France-Culture a été programmée à l'occasion du problème soulevé par la commissaire européenne.

Cette fois, les deux points de vue ont été invités à s'exprimer, le premier a été défendu par un représentant des intérêts corporatistes de l'industrie française du cinéma, tandis que son opposant a grosso modo repris les arguments fondés sur les données que Jean Cluzel avait présentées en 2003, dans un livre qui se signale par sa clarté, sa concision et la richesse de son information.

Il n'y a aucun doute, me semble-t-il, que le bouillonnement médiatique sur le sujet de l'aide de l'État français à l'industrie cinématographique est appelé à prospérer, pendant des années peut-être.

Déjà, la presse a dû repérer, malgré sa sympathie viscérale pour les intermittents du spectacle, qu'ils étaient traités avec davantage de bénignité en France que chez nos voisins : un autre cadeau de l'autorité publique aux frais du contribuable.

Déjà, la presse a dû remarquer que Gérard Depardieu, un immense acteur certes, avait touché des cachets plusieurs fois supérieurs à ceux des plus grandes vedettes d'Hollywood.

En tant que sociologue, cette histoire m'a aussi vivement intéressé parce qu'elle est une remarquable illustration du célèbre théorème d'Olson, selon lequel il est des cas où la puissance des lobbies est telle qu'elle est capable de neutraliser toute opposition.

Je suis heureux que les PUF aient eu à cœur de relancer le livre de Jean Cluzel dans une édition mise à jour et même de témoigner de leur confiance à l'égard du livre en décidant de précipiter sa réédition de façon à pouvoir en faire coïncider la sortie avec le festival de Cannes.

Raymond Boudon (†)

2013, puf
219 pages

L'interdit sexuel: Les jeux du relatif et du variable

auteur : Jules Cheverny
proposé par Jean Tirole
(le 15 avril 2013)

Jules Cheverny, pseudonyme d'Alain Gourdon, conseiller maître à la Cour des comptes et ancien administrateur de la B.N. propose dans cet énorme ouvrage, d'une étonnante érudition, une confrontation des interdits sexuels a travers les civilisations anciennes et modernes, de l'Egypte des pharaons à l'Islam d'aujourd'hui. II y met à mal certaines idées reçues, de Foucault à Levi-Strauss. L'actualité du livre est involontairement brûlante.

2013, Hermann (2 x volumes)
296 pages (Volume 1), pages 353 (Volume 2)

« IMMIGRATION ET TRAVAIL - Quelques bonnes pratiques à intégrer »

auteurs : Pascal BORIS, Arnaud VAISSIE
proposé par Yvon GATTAZ (le 15 avril 2013)

Notre Académie a déjà collabore avec le Cercle d'Outre-Manche qui rassemble des dirigeants français opérant principalement au Royaume-Uni. Ce groupe de réflexion fait régulièrement des publications sur les sujets les plus varies avec comparaison des meilleures pratiques entre la France et la Grande-Bretagne. Certaines de leurs propositions ont d'ailleurs été retenues et ont été à l'origine de reformes engagées dans notre pays. Dans ce nouveau livre, les deux auteurs montrent comment le Royaume-Uni a fait, depuis longtemps, le choix d'une immigration professionnelle qualifiée et ciblées dont l'objectif clairement affiche est l'intégration économique au sein de la société britannique. Cette étude s'intéresse aussi a la manière dont la notion de «diversité» a déjà fait son chemin dans de nombreuses entreprises avec des outils pour la développer et l'encourager. Ce livre a l'avantage d'être court, clair, compréhensif, factuel et en plus il propose a la fin neuf mesures lisibles pour tenter de déverrouiller ce grand débat sur l'immigration.

2013, StudyramaPro
120 pages

Les ambasadeurs

Marie-Christine Kessler

Considérée comme le vestige d'un passé doré. Dans un monde marqué par l'affaiblissement du pouvoir des Etats, les ambassadeurs subissent la concurrence d'autres acteurs apparus sur la scène internationale. Au terme d'une rétrospective historique débutant avec la Troisième République, l'auteur montre qu'en dépit de ces bouleversements, le métier d'ambassadeur conserve spécificité et utilité. Les ambassadeurs agissent pour le compte des Etats dont ils sont le symbole et l'instrument. Ce sont eux qui peuvent, en dernier recours, réaliser les compromis entre intérêts opposés, indispensables au maintien des équilibres internationaux. Emaillé d'anecdotes et de portraits, ce livre très complet sur l'histoire et l'évolution de la fonction diplomatique en France s'inscrit aux confluents de la science politique, de la sociologie et de l'histoire.

2012, Les Presses de Sciences Po
413 pages

L'industrie française décroche-t-elle ?

Pierre-Noël Giraud, Thierry Weil

L'industrie française a perdu deux millions d'emplois en 30 ans. Plans sociaux et fermetrues d'usines qui se succèdent contribuent à nourrir l'image d'un secteur en déclin face à la montée des services. Quels sont les faiblesses et les atouts de l'industrie en France ? La situation française est-elle particulière ? Qu'en est-il ailleurs ? Quelles sont les pistes pour s'en sortir ? Quelle attitude doivent adopter les pouvoirs publics ? Pour répondre à ces questions, " Place au débat » vous propose l'analyse de deux auteurs spécialistes.

2013, La Documentation Française
190 pages

La vraie nature du marché

Jean-Pierre Hansen

Cet ouvrage propose un véritable retour aux sources du processus d'échange, et donc de l'économie de marché, en invitant le lecteur à revisiter les origines, l'histoire et les hypothèses fondatrices de ce qui apparaît aujourdhui comme le paradigme économique dominant, le modèle dit "néo-classique". Il permet ainsi une analyse critique et nuancée de la force incontestable mais aussi des fragilités, apparentes ou cachées, de ce puissant corps de doctrine, à qui l'on impute parfois les aspects les plus violents de la crise actuelle de nos économies. En convoquant tour à tour l'histoire - celle des idées et des hommes - l'analyse économique, la morale et la logique, il offre à tous, sans aucun appareil mathématique ni connaissance préalable en économie, un outil de réflexion et de synthèse, documenté et rigoureux.

2012, De Boeck
150 pages

La fonction publique

Alain Plantey, Marie-Cécile Plantey

Ce traité présente de façon exhaustive le droit et la pratique de la fonction publique dans ses différentes dimensions : principes, droits individuels et collectifs, structures et statuts, entrée et sortie du service, carrières, obligations professionnelles, régime financier et social, garanties. et contentieux. Cette 3e édition est à jour de la réforme des retraites de 2010, de la loi du 12 mars 2012 relative à l'accès à l'emploi titulaire et à l'amélioration des conditions d'emploi des agents contractuels dans la fonction publique, et des dernières décisions de jurisprudence en date du 15 mai 2012. L'ouvrage s'adresse aux magistrats administratifs et judiciaires, aux avocats ainsi qu'aux directions juridiques et directions des personnels de l'administration de l'État, des collectivités territoriales et à leurs agents. Il s'adresse également aux étudiants en droit public ainsi qu'aux candidats aux concours administratifs d'accès aux fonctions publiques.

2012, Lexis Nexis (3e édition)
1185 pages

Mystique et théologie d'après Henri de Lubac

Bertrand Dumas

Le rapport entre théologie et mystique, souvent conflictuel dans l'histoire de l'Eglise, est étudié dans l'œuvre d'H. de Lubac où les conceptions de la mystique, de la théologie et de leurs liens sont d'abord observées puis les éléments propres à en favoriser l'unification.

2013, Cerf
543 pages

Le trésor pillé du roi, Correspondance du Cardinal de Richelieu (T2)

Marie-Catherine Vignal Souleyreau

Ce volume s'ouvre sur la reddition de La Mothe, en Lorraine, et sur la bataille de Nördlingen. Chez Richelieu, le pragmatisme l'emporte : les réformes se poursuivent avec les Grands Jours de Poitiers. Le procès d'Urbain Grandier défraie la chronique. L'absolutisme s'affirme aussi dans la hiérarchisation des responsabilités, dans un ministériat original, où l'action d'administrateurs dévoués se substitue aux luttes d'influence. Là n'est pas la moindre des réussites du cardinal-ministre.

2013, L'Harmattan
450 pages

Le trésor pillé du roi, Correspondance du Cardinal de Richelieu (T1)

Marie-Catherine Vignal Souleyreau

L'année 1634 est celle d'un calme relatif avant la tempête, l'engagement de la France dans la guerre de Trente ans. Richelieu, pourtant, ne ménage pas ses efforts pour éviter le pire. Au coeur des préoccupations du cardinal demeure la succession au trône. Une éphémère connivence avec le Roi s'établit, renforcée par un constat alarmant : l'amenuisement des richesses monétaires du royaume. Au-delà d'une correspondance inédite, voici une vision totalement renouvelée d'un gouvernement que l'on croyait devenu familier.

2013, L'Harmattan
680 pages

 

Livres de morales révélés par les Dieux

Livres de morale révélés par les dieux

Vincent GOOSSAERT

Les livres de morale, shanshu - sont encore peu étudiés et traduits en langues occidentales en dépit de leur importance fondamentale dans la pratique sociale, éthique et religieuse de la Chine moderne, depuis le XIIe siècle jusqu'à nos jours. On peut les définir comme des ouvrages consacrés à exhorter leurs lecteurs, par le raisonnement et l'exemple, à se conduire vertueusement. Ces exhortations se fondent sur la notion, commune à l'ensemble de la religion chinoise, de la rétribution morale des actes (bao -), notion que l'on trouve également exprimée, quoique sur des bases théologiques distinctes, dans les classiques des Trois enseignements (confucianisme, bouddhisme et taoïsme). Par religion chinoise, il faut entendre l'ensemble des croyances et pratiques faisant appel aux ressources (textes, clergés, rites, symboles) des Trois enseignements tout en étant le plus souvent largement indépendants. Les livres de morale, en accord avec les trois religions, affirment que tout acte vertueux (shan ?) entraîne, immédiatement ou à terme, des conséquences favorables — des bénédictions, fu ? —, tandis que les actes vicieux (e -) entraînent des conséquences défavorables — des malédictions, huo ?. Ils mettent en garde le lecteur contre les punitions qu'entraînent les péchés et les enjoignent à faire leur salut en détaillant de façon concrète un programme de vie pure menant à une bonne mort voire à la divinisation. Leurs thèmes principaux de réflexion sont le respect des dieux et des règles de pureté rituelle qui leur sont associées, la libre circulation des êtres et des biens ainsi que les Cinq normes sociales, très marquées par le confucianisme, qui déterminent les liens entre parents et enfants, mari et femme, frères aînés et cadets, souverain et sujet, ami et ami.

Vincent Goossaert est historien, directeur d'études à l'EPHE et directeur adjoint du GSRL (Groupe Sociétés, Religions, Laïcités, EPHE-CNRS). Il travaille sur l'histoire sociale de la religion chinoise moderne, et s'intéresse particulièrement au taoïsme, aux spécialistes religieux, aux politiques religieuses et à la production des normes morales. Il est l'auteur d'une dizaine d'ouvrages seul ou en collectif, dont La Question religieuse en Chine (avec D.A. Palmer, 2012).

2012, Les Belles Lettres (Bibliothèque chinoise)
200 pages

Question religieuse en Chine

La question religieuse en Chine

Vincent GOOSSAERT, David A. PALMER

Confucianisme, bouddhisme, taoïsme, islam, évangélisme, catholicisme, Falun Gong… Les religions investissent une Chine que l'on aurait pu croire sécularisée par des décennies de communisme. Cette vie religieuse foisonnante, loin d'être reléguée au folklore, aux marges ou aux lieux communs des anciens sages, est restée un fait social total.

Suivant cette thèse, Vincent Goossaert et David A. Palmer présentent une étude des transformations de ces religions prises dans l'histoire du siècle. En convoquant une analyse de l'idéologie d'État, des pratiques des temples et des églises, des relations internationales et des valeurs morales, ils nous invitent à comprendre les sources et les termes de la tension politique que constitue aujourd'hui la question religieuse en Chine.

Une perspective nouvelle sur la façon de penser l'articulation de la pratique religieuse avec la modernité de cette superpuissance et les problèmes qu'elle lui impose.
La première étude exhaustive sur le fait religieux dans la Chine moderne et contemporaine

2012, du CNRS
500 pages

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Lettres d'Hastings et de Paris - 1908-1914

Pierre Teilhard de Chardin

Henri de Lubac, qui consacra plusieurs études à Pierre Teilhard de Chardin, édita aussi de nombreuses lettres de son confrère jésuite ; parmi elles figurent « les Lettres d'Hastings et de Paris », rédigées dans la période 1908-1914.

Ces lettres, que Teilhard adressa à ses parents, furent pour la plupart écrites depuis le scolasticat d'Ore Place, près de Hastings (Angleterre). C'est là que le jeune jésuite fit ses études de théologie et fut ordonné prêtre. Les lettres nous renseignent sur cette étape de sa formation ; elles témoignent déjà de sa recherche pour articuler les découvertes scientifiques et les exigences de la foi.

En 1912, Teilhard fut envoyé à Paris pour y étudier les sciences naturelles. Les lettres de la période 1912-1914 nous donnent des échos de ses travaux paléontologiques au Muséum national d'histoire naturelle, des relations qu'il eut alors avec de nombreuses personnalités, et de ses randonnées scientifiques en France et en Espagne.

Comme le souligne Henri de Lubac dans son Introduction, les années 1908-1914 lurent marquantes pour Teilhard. On sent se dessiner, à travers ces lettres, la pensée de l'Évolution qui allait tenir une place croissante dans la recherche ultérieure du savant. Plus encore, on découvre la profondeur de la vie spirituelle qui, déjà, habitait le jésuite dans cette période de sa vie.

2012, du Cerf
336 pages

Précis de l'action

Précis de l'action

Bertrand Saint-Sernon

Qu'est-ce que l'action ? Une rupture dans le cours du temps, une prise de risques, un commencement. L'agent, tel le plongeur quittant le bord, ne peut revenir en arrière ; l'exécution l'engage tout entier, corps et âme ; il doit faire confiance au monde, aux autres et à lui-même. C'est par l'action que la nouveauté entre dans la nature et dans l'histoire. Ces caractères de l'action sont-ils universels ou varient-ils selon les cultures et les époques ? Bien qu'il existe différents styles d'action, les modélisations dramatiques (par le récit) et mathématiques (par le calcul) du phénomène en font ressortir l'unité. En même temps, la dualité du dramatique et du mathématique est insurmontable, sans doute parce que l'histoire humaine est tragique et que la tragédie se prête mal au calcul mathématique. L'action nous révèle notre identité — y compris nos faiblesses — et commande notre destin. Cet essai fait le pari que les hommes peuvent faire prévaloir la raison pour régler les conflits. Il considère la notion chrétienne de communion des saints comme une source majeure des essais politiques et scientifiques pour nous faire prendre la mesure de l'unité du genre humain, malgré la tentation de nous enfermer dans des « sociétés closes ».

2012, du Cerf
226 pages

Nopoléon, chef de guerre

Napoléon, chef de guerre

Jean Tulard

Ce sont les victoires d'Italie et d'Égypte qui ont porté le général Bonaparte au pouvoir et c'est une défaite en Belgique qui l'en a chassé définitivement. Autant dire que le génie politique est chez lui inséparable du génie militaire.

Celui-ci fascine le monde depuis deux siècles et a inspiré d'innombrables études, depuis les essais de haute stratégie jusqu'aux travaux pointus sur les unités ou les héros oubliés. Mais personne n'a jusqu'à présent cerné avec rigueur et hauteur de vue ce qu'implique une évocation totale de Napoléon chef de guerre : comment a-t-il appris son métier, qui l'a formé, quelles ont été ses lectures ? Comment a-t-il remporté ses premières victoires, par quels moyens a-t-il organisé sa propagande, comment savait-il se faire aimer et craindre à la fois par ses hommes, maréchaux comme simples grognards ? Quelle part prenait-il à l'organisation de l'armée, comment finançait-il la guerre ? Était-il indifférent aux souffrances des autres et à l'hécatombe de morts et de blessés ? Comment s'informait-il sur l'état de ses forces et sur les dispositifs de l'ennemi ? Pourquoi a-t-il mal compris la guerre navale et surtout la « petite guerre », c'est-à-dire la guerre de partisans (Espagne, Russie) ?

En répondant à ces questions, et à bien d'autres, Jean Tulard dévoile les traits d'un Napoléon finalement peu ou mal connu. Il montre brillamment qu'en dépit de faiblesses Napoléon figure bien parmi les plus grands capitaines de l'histoire, les Alexandre et les César.

2012, Paris, Tallandier
378 pages

Le plan Schlieffen ... Le plan Schlieffen, un mois de guerre - deux siècles de controverse

Pierre-Yves Hénin

Si souvent évoqué, admiré, critiqué, le Plan Schlieffen est pourtant mal connu. À l'approche du centenaire du début de la Première Guerre mondiale, Pierre-Yves Hénin vient combler ce manque manifeste.

Embrassant un mois de guerre, mais aussi deux siècles d'histoire et de controverses, l'auteur retrace la genèse du Plan Schlieffen, puis les modifications qui lui ont été apportées jusqu'à sa mise en œuvre et son échec sur la Marne, déjà le tournant décisif dans la Grande Guerre.

Analysant les regards successifs des après-guerres, Pierre-Yves Hénin montre comment l'écriture de l'histoire du Plan Schlieffen a été instrumentalisée pour défendre dans des contextes bien différents, au-delà même de la chute du Mur de Berlin, l'image de l'armée et de l'Empire allemands et comment cette histoire peut être prolongée par une réflexion rigoureuse sur d'autres issues possibles des campagnes de l'été 1914.

Alliant une large vision historique à une analyse précise des facteurs purement militaires, ce livre unique permet de déconstruire les différents mythes venus perturber notre vision du Plan Schlieffen qui occupe une place à part dans l'histoire militaire et, finalement, dans l'histoire du xxe? siècle européen.

2012, Paris, Economica
572 pages

Les champions cachés ...

Les champions cachés du XXIe siècle

Hermann Simon
Stéphan Guinchard
Préface de Yvon Gattaz

"Les principales qualités des Champions Cachés sont de donner aux êtres humains qui leur permettent de gagner, du sens et du plaisir d'entreprendre, et de la fierté dans la réalisation sur le long terme."
Antoine Raymond, Gérant, ARaymond

"Les secrets de croissance et de performances des meilleures PME et ETI mondiales. Passionnant et instructif. A lire ou à relire absolument."
Pierre Gattaz, Président du directoire, Radiall

"Cet ouvrage est, avec Good To Great de Jim Collins, le meilleur guide business que j'ai eu dans les mains. Il donne une vision stratégique très claire et rend impatient de passer à l'action."
Bertrand de Taisne, Président-Directeur Général, Rossignol Technology

Les Champions Cachés sont des leaders de marché méconnus du grand public. Ces petites et moyennes entreprises sont focalisées sur des niches qu'elles dominent à une échelle nationale, régionale, voire mondiale, avec des parts de marché pouvant dépasser 70%.

Ces entreprises, particulièrement nombreuses en Allemagne, expliquent tant la force d'un pays en termes d'exportations que sa résilience face à la conjoncture actuelle. Les auteurs en tirent des enseignements très pertinents pour les entreprises françaises. Les Champions Cachés français existent et sont fort dynamiques, mais ils restent malheureusement en trop petit nombre.

2012, Economica
pages

De mémoire ... De mémoire d'historien
Chroniques d'un XXe siècle disparu

François Crouzet

Issu d'une dynastie de serviteurs de l'université française, l'historien François Crouzet (1922-2010) a, sur la fin de sa vie, décidé d'écrire ses mémoires, moins pour relater son existence discrète d'universitaire plongé dans ses livres et ses papiers que pour essayer de faire resurgir les petits mondes qu'il traversa plus de quatre-vingts années durant. Son parcours autobiographique devient ainsi prétexte à une succession de tableaux vivants qu'une multitude de personnages, de lieux ou d'événements perdus revient soudain animer : un bourg poitevin dans les années 1930, des écoles de l'entre-deux-guerres, une famille confrontée aux tensions politiques et sociales d'avant la Seconde Guerre mondiale, l'Ecole normale supérieure à Paris sous l'Occupation, la vie étudiante dans le Londres d'après 1945, un âge d'or des universités françaises, Nanterre en mai 1968... François Crouzet pensait qu'un historien est coupable de laisser dans l'oubli ce que sa propre histoire lui a permis de voir et de vivre. Il estimait que, pour lutter contre l'éternelle tentation de simplification du passé, le devoir d'un historien était aussi de raconter ce que sa mémoire lui rappelait. Inspiré par un souci quasi ethnologique, ce livre écrit par petites touches est rempli du charme d'un XXe siècle qui s'éloigne de nous désormais et qu'il cherche mélancoliquement à retenir une dernière fois...

2012, Histoire Payot
320 pages

Droit, Ethique et Religion De l'âge theologique a l'âge bioethique

Raymond Boudon
Brigitte Feuillet-Liger
Philippe Portier

Au carrefour aujourd'hui tres frequente - en tous cas beaucoup plus que par Ie passe en raison du developpement de ce qu'il est convenu aujourd'hui d'appeler la bioethique - un ouvrage realise sous la direction de Brigitte Feuillet-Liger, professeur a la Faculte de droit de Rennes et de Philippe Portier, directeur d'etudes a l'Ecole pratique des Hautes Etudes, avec la preface de notre confrere Raymond Bourdon, a pour objet « Droit, Ethique et religion ... » ce qui, jusque-Ia, est une approche millenaire ... mais la suite ne I'est pas, en ce sens qu'une precision est ajoutee : de I'age theologique a I'age bioethique. Les travaux qui Ie composent - « Au-dela du Kantisme et de I'utilitarisme », pour reprendre Ie titre de la preface, sont Ie fruit et la suite d'un colloque international. Quel en est I'axe fondamental ? Son point de depart se relie a I'idee fort repandue d'une autonomisation radicale de la vie juridique par rapport aux valeurs religieuses. Mais la pleiade de jeunes auteurs dont les articles assurent a la fois la richesse et la coherence de I'ouvrage rappellent que Ie droit, sans aucunement remettre en cause les avancees, bien ordonnees, de la modernite, ne peut aucunement se passer d'une axiologie prealable. Dans la comprehension de celle-ci, la place des valeurs ethiques et rei igieuses est importante, car Ie religieux « persiste a jouer, souvent a I'insu des acteurs politiques et sociaux, un role cardinal ». L'ouvrage presente est particulierement stimulant. Lecture faite, on ne peut que s'interroger sur Ie terrain meme de la philosophie des sciences dans ses rapports avec Ie droit, plus precisement a partir des decouvertes ou des inventions dues au XXeme siecie, par vagues successives conduisant a distinguer trois periodes revolutionnaires de la physique d'abord, avec son incidence sur Ie droit de la responsabilite, de la chimie ensuite, avec son impact sur Ie droit des proprietes, de la biologie entin qui a remis en cause Ie droit des personnes, y compris quant au pouvoir inouYde I'homme, non plus seulement sur sa destruction, mais sur sa procreation.
Franyois Terre, Le Ier octobre 2012

2012, Bruylant
476 pages


 

Un savoir-faire français d'excellence
L'Art du cognac

Jean-Robert PITTE

Préfacé par l'académicien Jean-Robert Pitte, et proposé dans une version bilingue français-anglais, cet ouvrage imprimé au format livre d'art met à l'honneur le savoir-faire des maisons de cognac à travers leur histoire et leurs légendes.

Destinés à promouvoir les domaines où la France excelle, les volumes de cette collection sont offerts à tous les acteurs du rayonnement culturel français, en France et à l'étranger (Ambassadeurs, directeurs d'institutions culturelles et commerciales, etc.). Les académiciens se verront offrir en mains propres ce premier volume.


 

Croire et savoir - Penser la politique, le moral et le religieux

Raymond Boudon

La sociologie exerce sur la vie des idées dans les démocraties modernes une influence importante, mais ambiguë. Dans sa dimension scientifique, elle a réalisé une remarquable percée dans l'explication des phénomènes politiques, moraux et religieux. Elle a montré que la souveraineté du peuple dans une démocratie représentative n'a rien d'utopique, mais aussi que les démocraties représentatives sont menacées par une dérive oligarchique, et expliqué pourquoi la France l'est davantage que ses voisines. Elle a enrichi la réflexion philosophique sur le sens moral et permis d'expliquer les changements tendanciels de la sensibilité morale. Elle a proposé une explication des croyances religieuses et une vision des relations entre religion et modernité qui contraste avec celle de la philosophie des Lumières. Malheureusement, ces percées de la sociologie scientifique restent trop peu visibles.

2012, Presses universitaires de France - puf
324 pages


Les méthodes en sociologie

Raymond Boudon
Renaud Fillieule

Un ouvrage qui permettra aux étudiants d'étudier de façon approfondie les théories sociologiques qui sont parvenues à rendre compte de phénomènes majeurs afin de mieux comprendre leurs méthodes. Il leur fournira avant tout les outils indispensables du sociologue.

Comment décrire les phénomènes sociaux ? Comment les expliquer ensuite ? Les méthodes dont le sociologue dispose répondent de manière différente à ces questions, selon l'angle sous lequel elles les abordent. L'analyse causale, l'individualisme méthodologique et la rationalité cognitive constituent les trois grandes méthodes sociologiques, décrites avec clarté et illustrées par de nombreux exemples dans cet ouvrage de référence.

2012, puf
128 pages


La rationalité

Raymond Boudon

On ne peut comprendre pourquoi certaines institutions s'imposent de façon irréversible si l'on n'y voit pas l'effet de mécanismes de rationalisation. On ne peut comprendre le phénomène de la religiosité si l'on méconnaît la rationalité qu'y décèle Durkheim. On ne peut atténuer l'inégalité des chances scolaires si l'on ne voit pas qu'elle résulte de choix individuels compréhensibles. On ne peut extraire les enseignements contenus dans les sondages sans chercher à déterminer les raisons qui ont inspiré les réponses des individus...

La notion de « rationalité » est donc centrale pour appréhender les comportements humains. Ce constat invite à cerner, depuis l'idée grecque de raison jusqu'à l'homo œconomicus en passant par la théorie des jeux, ce concept fondamental pour toutes les sciences sociales, de la sociologie à l'économie en passant par la science politique. Mais comment concilier les versions divergentes qu'elles en proposent ?


Paris, 2012, puf, collection Quadrige
120 pages

 


Droit civil - La famille
8e édition

François Terré et Dominique Fenouillet

Depuis un demi-siècle, le droit français de la famille est, de tous côtés, affecté par le changement. Le droit civil en atteste : tutelle et administration légale, régimes matrimoniaux, autorité parentale, filiation, divorce et, dès l'aube du XXIe siècle, successions, filiation et divorce à nouveau, etc. Dans un premier temps du moins, Jean Carbonnier avait préféré ne pas traiter du mariage. Celui-ci était pourtant concerné par cet environnement rénovateur marqué par une contractualisation fort sensible du droit de la famille. Indirectement, mais certainement, l'admission du pacte civil de solidarité conduisit à repenser, bien plus qu'au temps de la seule union libre, la prise en considération des formes nouvelles de la conjugalité hors mariage, ouvertes aux homosexuels ainsi qu'aux hétérosexuels.
Dans le même temps, une certaine disjonction s'est produite dans la relation entre parents et enfants, notamment, à tort ou à raison, à la suite du divorce. Filiation et autorité parentale se sont ainsi progressivement émancipées du mariage, pour se recentrer sur la relation interindividuelle que chaque parent noue avec son enfant, sous la pression constante, et non dénuée d'ambiguïté, de l'intérêt de l'enfant.
Mariage, démariage, remariage, pacs, familles décomposées puis recomposées, familles monoparentales... Notre temps est devenu celui de l'enfant, désiré, partagé, voire maltraité, et celui du couple, éphémère ou durable, au gré des sentiments, des convictions, des joies et difficultés de l'existence.

Paris, 2011, Dalloz
1106 pages



L'entreprise humainement responsable

Bertrand Collomb et Samuel Rouvillois

Dans un monde en mouvement, traversé par de violentes crises économiques et financières, quelle peut être la responsabilité sociale des entreprises (RSE) ? Au milieu de changements souvent brutaux, est-il possible d'humaniser la mondialisation et de donner un sens à l'activité économique, au-delà des seuls bons sentiments ? Car le marché n'est pas une fin en soi, il n'est qu'un moyen : c'est aux hommes d'insuffler des valeurs et de susciter un supplément d'âme dans les entreprises.
Bertrand Collomb, qui a travaillé dans le groupe Lafarge puis l'a dirigé à une période de croissance passionnante, dialogue ici avec Samuel Rouvillois, philosophe et théologien, sur toutes ces mutations de la vie économique et sur le travail.
Et si un autre avenir s'ouvrait, enfin, pour nos sociétés ?

Paris, 2011, Desclée de Brouwer
218 pages

 

 


La cassation en matière pénale


Jacques Boré et Louis Boré

Le droit pénal et la procédure pénale sont au coeur des débats de notre société. Leur place, leur rôle et leurs modalités font l'objet d'un réexamen constant, et sans doute excessif.
Au coeur de cette tempête, la Chambre criminelle de la Cour de cassation fait un peu office de vigie. Elle arbitre les conflits, répond aux difficultés soulevées par l'interprétation des lois, définit sa jurisprudence et veille à son application uniforme sur tout le territoire de la République, assurant ainsi la sécurité juridique.
Fidèle à la distinction du fait et du droit et à la technique de cassation, elle tente de préserver la clarté et la cohérence des solutions applicables.
L'introduction de la question prioritaire de constitutionnalité par la réforme constitutionnelle du 23 juillet 2008 a pu sembler de nature à remettre en cause le rôle de la Cour de cassation. En réalité, il n'en est rien. Si ce nouveau contrôle de constitutionnalité joue désormais un rôle important en matière pénale, la Cour de cassation conserve toute sa place d'interprète de la loi, de juge de sa conventionnalité, et de censeur des décisions rendues par les juridictions du fond.
Ce livre présente et analyse les conditions de formation, d'instruction et de jugement du pourvoi en cassation, voie de recours extraordinaire, et les cas d'ouverture à cassation, qui seuls permettent d'invoquer des moyens recevables et opérants devant la Chambre criminelle, juge du droit et non juge des faits. Sont ainsi dégagés les grands principes du droit pénal et de la procédure pénale tels qu'élaborés par la Chambre criminelle.
Il constitue donc un guide précieux pour tous ceux qui veulent agir devant la juridiction suprême, soit pour y plaider, soit pour en comprendre les décisions qui constituent sa jurisprudence.

Paris, 2011, Dalloz
566 pages

Ramses 2012
Les États submergés ?


Thierry de Montbrial

Le Rapport annuel mondial sur le système économique et les stratégies (RAMSES) constitue une analyse approfondie et prospective de l'actualité : il fournit les clés et les repères indispensables pour décrypter la géopolitique à l'échelle mondiale.
Les Perspectives de Thierry de Montbrial, synthèse originale de l'année écoulée, couvrent l'ensemble du champ des relations internationales.
8 parties thématiques - Économie mondiale, Sécurité et défense, L'État submergé, Europe, Monde arabe, Afrique, Asie, Amériques - regroupent 53 entrées analysant les enjeux de la zone ou de la question concernée.
Les Repères proposent un appareil documentaire qui complète les textes : chronologie, statistiques, cartes originales créées pour RAMSES, suivies d'un index méthodologique détaillé.
Porté par l'équipe de l'Ifri et ses collaborateurs extérieurs, RAMSES 2012 est l'ouvrage indispensable pour l'étudiant, l'enseignant, le manager, le journaliste, le diplomate ou toute personne qui veut comprendre notre monde en mutation.

Paris, 2011, Dunod
336 pages

L'action et le système du monde


Thierry de Montbrial

L'objet de ce livre est de jeter les bases d'une praxéologie, c'est-à-dire d'une «?science de l'action?», qui englobe notamment les domaines complémentaires de l'économie, de la stratégie et des relations internationales. Le cadre conceptuel est donc pluridisciplinaire. Sa flexibilité est bien adaptée à un monde où la primauté des États est soumise à l'épreuve d'unités actives puissantes et mobiles, qui tirent tout le parti de la révolution des technologies de l'information, et de la mondialisation. La question de la gouvernance, dont l'enjeu est l'avenir de la guerre et de la paix, de la misère et de la prospérité, fait l'objet d'une grande attention. Cet ouvrage séminal, dont l'édition originale a été couronnée par le prix Georges Pompidou, est publié dans six langues étrangères et d'autres traductions sont en cours. Sa contribution au décryptage du système international au XXIe siècle est unanimement saluée. Dans cette nouvelle édition substantiellement augmentée, l'auteur répond aux critiques, tire les leçons des événements de la première décennie du siècle et apporte de nouveaux éclairages sur la géopolitique et la gouvernance.

Paris, 2011, PUF Collection "Quadrige"
612 pages

Orientation pour tous
Bien se former et s'épanouir dans son métier


Jean-Robert Pitte

Le monde de l'orientation professionnelle a changé. Les études ne sont plus une garantie de réussite. Elles doivent s'accompagner d'une observation attentive et d'une connaissance active d'un large éventail de milieux professionnels. En outre, il est essentiel d'apprendre tout au long de sa vie, de saisir les opportunités et d'envisager la mobilité.
Cet essai est aussi un guide pratique et concret sur les formations et l'emploi ainsi que sur l'orientation vers un parcours réussi. Il s'adresse à tous les publics : les jeunes en formation initiale et leurs parents, les éducateurs, les professionnels de l'orientation, les responsables des ressources humaines au sein des entreprises et des administrations, tous les citoyens désireux de voir notre pays sortir de ses échecs scolaires et professionnels. La sélection par l'échec, le chômage et le mal-être au travail ne doivent plus être considérés comme des fatalités. Bien s'orienter et bien se former sont les meilleurs moyens de s'épanouir en exerçant un métier choisi et aimé.

Paris, 2011, François Bourin Editeur
171 pages

Dictionnaire amoureux de la Rome Antique


Xavier Darcos

« Ce ne sont pas les guides de Rome qui manquent ! Mais je ne rivalise pas avec eux : quel intérêt pourrait présenter un « dictionnaire amoureux » s'il était le catalogue des opinions d'autrui, un défilé de dates ou le carrefour des idées reçues ? Je propose tout simplement d'évoquer ce qui me touche, m'étonne ou m'enchante dans l'Antiquité romaine. J'ai essayé, à partir des réalités pittoresques et des personnages hauts en couleur, de rendre intelligibles une culture, des splendeurs, des valeurs, des croyances, des comportements, une littérature… sans trop idéaliser, car la Rome antique fut raffinée mais violente et cruelle. Ces contrastes nous éclairent aussi sur nous-mêmes : certes nous sommes distincts de nos ancêtres latins, mais ils nous ont légué notre lexique, notre droit, nos canons esthétiques, nos figures légendaires, nos mœurs. On ressent toute la vigueur du génie de cette civilisation romaine qui a su transformer une bourgade rurale en capitale du monde. »

Paris, 2011, Plon
756 pages

La Perfection


Jean Baechler

L'espèce humaine est libre, au sens où devenir humain n'est pas l'application d'un programme génétique, mais le produit d'un apprentissage effectué tout au long de la vie. De fait, l'humanité n'est pas infaillible: elle échoue toujours plus ou moins dans la poursuite de ses fins et dans la réalisation de ses activités. L'imperfection et son lot original. Pourtant, l'aspiration à la perfection lui est tout aussi naturelle. Cette contradiction fonde trois régimes de la perfection : la réforme, la révolution et l'utopie. Si l'utopie est toujours irrationnelle et calamiteuse, la réforme ou la révolution, à privilégier selon les contextes et les circonstances, sont des devoirs et des défis à soutenir de manière à donner aux affaires humaines des assises convenables et des chances raisonnables de ne pas trop échouer. Entre perfection et imperfection, le centre de gravité de l'espèce humaine, des sociétés et des individus ne serait-il pas une médiocrité supportable ?

Paris, 2011, Hermann
240 pages

Jean-Marie Soutou
Un diplomate engagé

Georges-Henri Soutou

En 1942, un jeune chrétien participe activement au sauvetage d'enfants juifs internés avec leurs parents dans le camp de Vénissieux. Quelques décennies plus tard, le même homme occupe les plus hautes fonctions de la diplomatie française. C'est ce destin singulier que nous livrent les souvenirs de Jean-Marie Soutou. Au lendemain de la guerre, il assiste à Belgrade à la prise du pouvoir par les communistes et à la rupture Tito-Staline, puis à Moscou au " dégel " de 1956. Profondément hostile aux totalitarismes et marqué par la philosophie de Maritain et de Mounier, il est naturellement partisan de la solidarité occidentale, sans pour autant que celle-ci signifie l'alignement sur Washington. Dès 1944, il s'affirme européen convaincu et très tôt partisan du rapprochement franco-allemand. Proche collaborateur de Pierre Mendès France, il travaille à maintenir l'effort de construction européenne en dépit de l'échec de la CED. Ses fonctions lui ont ainsi permis de connaître de grands acteurs de la scène internationale et de dresser leurs portraits, entre autres ceux de Khrouchtchev ou de De Gaulle. Sur la politique de grandeur gaullienne, il pose un regard lucide. De même, il rend compte des embarras auxquels il se heurta face à la politique menée à l'Elysée par Jacques Foccart. Il rappelle ainsi les rapports paradoxaux entre la France et ses anciennes possessions, notamment lorsque, ambassadeur auprès de Boumediene, il oeuvra à l'apaisement des relations franco-algériennes. Sa connaissance et son appréciation de l'action extérieure de la France viennent appuyer sa réflexion sur l'instrument diplomatique lui-même. Si certaines de ses remarques donnent un éclairage particulier sur une époque historique, comme le retour de la Chine au plan international, les conséquences de Vatican II ou le Moyen-Orient après la guerre des Six Jours, les Mémoires de Jean-Marie Soutou contribuent à la réflexion sur la difficile conciliation de l'exercice d'une fonction d'Etat avec un engagement moral.

Paris, 2011, Éditions de Fallois
555 pages

La seconde vie
Faire de sa retraite un succès

Yvon Gattaz

Voici le livre de chevet de tous ceux qui sont déjà à la retraite ou qui vont bientôt l'être et qui doivent, comme le conseille Yvon Gattaz, la préparer deux ans à l'avance.

Ce livre passionnera :
-  ceux qui souhaitent prendre leur retraite prochainement ;
-  ceux qui voient surgir une retraite imposée et pas assez préparée ;
- ceux qui, déjà à la retraite, s'estiment sous-occupés et recherchent un centre d'intérêt ou une action de bénévolat au service de l'intérêt général.

Et pourquoi, une fois à la retraite, nous demande Yvon Gattaz, ne pas rendre aux autres un peu de ce que la vie nous a accordé ?

Plus qu'un guide, ce livre riche d'informations et de conseils pratiques décrit avec enthousiasme cette seconde vie qui peut prolonger agréablement la première si l'on sait l'organiser.

Paris, 2010, Bourin Éditeur
208 pages

Régulation et mondialisation
Le modèle américain revu par l'Europe

Pierre Bauchet

La France a adopté, dans le cadre du Marché Commun, une politique de régulation qui n'est pas une simple copie de celle initiée aux Etats-Unis. Les Independent Regulatory Commissions, instruments que la Constitution américaine n'avait pas mentionnés, reflétaient au début du XXe siècle des politiques d'intervention. Ces Commissions servirent au contrôle des trust et des crises. Il paraît paradoxal que cette régulation ne suscita pas d'intérêt en France avant les années 1950 alors que l'État français et nombre d'États européens menaient aussi des politiques d'intervention. Mais ces politiques se traduisaient, alors, par une direction économique centralisée, un contrôle des prix et une appropriation publique des entreprises d'intérêt général.

L'instauration d'une politique de régulation dans le cadre de règlements de Bruxelles est une innovation fondamentale comme elle l'avait été aux Etats-Unis au XIXe. Mais cette politique n'en est pas la simple copie. L'ouvrage en analyse l'originalité et le destin.


L'Harmattan,
coll. L'esprit économique, série Économie et Innovation

138 pages

Le relativisme

Raymond Boudon

Le relativisme a représenté depuis l'Antiquité une philosophie parmi d'autres. Or, avec la " mort de Dieu ", il est devenu la philosophie dominante du monde occidental, ce qui invite à en mieux définir les contours.

Il existe en effet différentes variantes du relativisme. Ainsi, pour le relativisme normatif, les normes et les valeurs sont des conventions culturelles et toutes les cultures se valent. Pour le relativisme cognitif, il n'y a pas de connaissance certaine, même en science.

En retraçant l'histoire de ces relativismes, Raymond Boudon nous invite à distinguer le " bon " relativisme qui favorise le respect de l'Autre, du " mauvais ", qui engendre une perte des repères intellectuels, alimente le nihilisme et nuit à la démocratie.

Paris, 2008, PUF, Coll. Que sais-je ?
127 pages

Emile et les menteurs
(roman)

Alain Besançon

« Un pigeon : voilà ce que j'ai été d'un bout à l'autre ! Toutes les polices, tous les juges, tous les grands financiers sont après moi. J'ai dû filer au Luxembourg, puis à Miami, aux Bahamas, à Moscou et maintenant je me retrouve en taule. Estimé, ce n'est pas l'ami sûr. Juana, ma copine, serait avec lui que je n'en serais pas étonné. Je voudrais bien rentrer chez moi, à Béziers, me remettre au billard. Pour ça il faudrait sortir. »

Le lecteur ne risque pas de s'ennuyer. L'intrigue va vite, le style ne traîne pas. Le climat est au rire, à l'ironie. On s'y moque autant qu'on peut de choses infiniment respectables, la haute finance internationale, la culture universitaire, l'art conceptuel et même la diplomatie française. Tout le monde ment, avec plus ou moins d'élégance. Les pires sont les plus distingués.
Ni thèse, ni leçon. Un miroir ?

138 p.

Paris, 2008, Ed. de Fallois

L'inégalité des chances
(2ème édition)

Raymond Boudon

Quels sont les effets de l'augmentation de la demande d'enseignement sur la mobilité sociale entre générations, sur les inégalités économiques  Y a-t-il des différences entre les nations industrielles du point de vue de l'égalité des chances ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles répond ici Raymond Boudon. son ouvrage est un classique de la sociologie qui suscita un vif débat au moment de sa publication, car il exprimait un certain scepticisme envers les capacités de l'institution scolaire de réduire les inégalités. De fait, vingt ans après, ces analyses se sont révelées justes, mais malgré l'avertissement salutaire de Boudon, l'illusion persistante d'une démocratisation par l'école continue de régir les politiques publiques.

334 p.

paru chez Hachette poche,
collection Pluriel

Autour de 1905
Itinéraires dans l'histoire de France
cent ans après la Séparation

André Damien
Membre de l'Académie

La mission du centenaire officiel de la loi de 1905 a été confiée par les pouvoirs publics à l'Académie des sciences morales et politiques. A l'occasion de ces commémorations placées sous sa responsabilité, le bâtonnier André Damien a prononcé de nombreux discours et conférences, a été sollicité par diverses publications pour des articles ou des préfaces. Ces textes, dispersés et parfois inédits, ont été réunis ici en un volume.

Cet ouvrage offre non seulement un ensemble d'itinéraires dans l'histoire de la loi de 1905, de la laïcité et du droit des cultes, mais présente aussi une perspective très éclairante sur l'histoire de France.

 

177 p.

publié avec le concours
de la Fondation Khôra
aux éditions CLD

Il est nécessaire
d'espérer
pour entreprendre
Penseurs et bâtisseurs

Thierry de Montbrial

Cette certitude, reflet de son itinéraire intellectuel et de son expérience internationale, l'auteur l'applique notamment à la construction européenne, le projet selon le lui le plus ambitieux du siècle passé et qui préfigure le monde à venir. Récusant l'idée d'un fossé infranchissable entre les civilisations, Thierry de Montbrial réinterprète, à l'attention d'un large public, les notions de culture ou d'identité et propose une vaste réflexion sur l'aventure humaine. Mettant la France au cœur de sa vision européenne, l'auteur délivre un message d'espoir et invite à méditer la formule de victor Hugo : " La France a cela d'admirable qu'elle est destinée à mourir, mais à mourir comme les dieux, par la transfiguration. La France deviendra l'Europe. "


360 p.

paru chez les Éditions des Syrtes

Règles de la profession d'avocat
(11e édition)

André Damien
Membre de l'Académie
et
Henri Ader

président de la commisison de déontologie à Paris

Les règles et usages de la profession d'avocat, sont aujourd'hui transformés et complétés par la loi du 11 février 2004. Ont également concerné cette profession, quelques textes périphériques, notamment la loi de sauvegarde des entreprises du 26 jullet 2005 et le décret du 2 décembre 2005 relatif à la rpocédure.

Cette nouvelle édition est enrichie de développement portant notamment sur la nouvelle formation initiale des futurs avocats et la formation professionnelle continue ; la composition du conseil de discipline ; l'évolution de la déontologie (conflits d'intérêts, publicité, secret professionnel, honoraires) ; le nouveau statut de collaborateur libéral salarié issu de la loi du 2 août 2005 ; la structure de financement des cabinets (SPFPL) ; le traitement des difficultés financières des cabinets suite à l'élargissement des procédures collectives aux professions libérales ; la responsabilité civile des avocats.

Ansi cet ouvrage pourra continuer à apporter des réponses aux difficultés, pratiques et théoriques, qui se posent aux avocats dans les 181 barreaux de France, aux membres des conseils de l'ordre et des conseils de discipline, aux magistrats, ainsi qu'aux étudiants des centres de formation.


561 p.

paru chez Dalloz

Jeanne d'Arc
La politique par d'autres moyens

Jean Cluzel
Membre de l'Académie

Encore un livre consacré à Jeanne d’Arc ! Mais avec l’originalité d’en présenter la Geste en cinq actes pour décrire les résultats de « ces autres moyens ».
Avant elle : plus de trois siècles de conflits entre la France et l’Angleterre qui aboutissent au tragique Traité de Troyes (mai 1940) consacrant la suprématie anglaise (armes et stratégies).
Pendant sa vie publique dès son irruption dans l’histoire en 1429 : un an de combats, un an de prison.
Après son supplice : sa prophétie est réalisée par Charles VII, Louis XI, Anne et Jeanne de France, tous, à leur manière, ses disciples.
Après … Apres des siècles : de Shakespeare à Quicherat en passant par Voltaire et Michelet. Et, grâce à Henri Wallon son influence entre 1904 et 1920, années de sa béatification puis de sa canonisation qui facilite la reprise des relations diplomatiques entre Rome et Paris.
Maintenant, au début du XXI siècle, pour la France et pour l’Europe, le message de Jeanne d’Arc est plus que jamais d’actualité : seule la force morale permet de lutter efficacement contre la tendance naturelle des choses à aller vers le pire.

Un esai à l'intention de ceux pour qui la politique doit être au service d'un idéal.

322 p.
paru chez Economica

RAMSES 2007
L'Europe et le monde
(édition spéciale 25e anniversaire)

Thierry de Montbrial
Membre de l'Académie
et
Philippe Moreau Defarges


Depuis 25 ans, au mois de septembre, RAMSES fait le point sur les grandes tendances, politiques et économiques du monde. Cette année, RAMSES 2007 est consacré à la thématique européenne : l'Europe et le monde. Au moment où l’Union européenne traverse une crise majeure, il apparaît essentiel de situer, le plus clairement possible, notre continent sur une planète en pleine révolution.

Introduit par les « Perspectives » de Thierry de Montbrial, RAMSES 2007 examine de manière systématique le poids et la position de l’Europe dans le monde à travers treize chapitres regroupés dans deux parties : l’Europe face aux mutations planétaires et l’Europe et son environnement géographique. L'étude est complétée par le Panorama de l'actualité mondiale par thème et par pays avec plus de 30 entrées ; une chronologie de l’actualité politique, économique, sociale et internationale de l’année écoulée, ainsi que les chiffres clé de l'économie mondiale pour près de 150 pays, et une cartographie originale créée spécialement pour RAMSES sur les sujets chauds du globe.


342 p.
Paru chez Dunod

Mes vies d'Entrepreneur

Yvon Gattaz
Membre de l'Académie

Entrepreneur et fier de l'être !
La plus grande réussite d'Yvon Gattaz, fils et petit-fils d'enseignants, ingénieur de formation, c'est d'abord d'être parvenu à pérenniser sa création, ce petit atelier de bricolage, comme il le dit plaisamment, devenu une moyenne entreprise prospère défiant les multinationales, une constellationd'unités de production à taille humaine, indépendantes, terrain idéal pour l'innovation et l'adaptation aux caprices du marché.
La passion du créateur coule à l'évidence toujours dans les veines de cet incorrigible optimiste à l'humeur frondeuse, de cet homme courtois qui ne renonce jamais. Et c'est d'abord à ses successeurs que, manifestement, il a pensé en écrivant ces pages : jeunes entrepreneurs, bien sûr, mais jeunes tout court aussi, tentés par l'aventure de la France qui bouge : créer, développer, transmettre, tel est le programme qu'ils auront à appliquer demain, et c'est pour les guider, pour les encourager, pour les inciter à oser, pour leur éviter aussi quelques-unes des erreurs qu'il aura lui-même commises dans ses rapports avec les politiques, les syndicats, l'administration, qu'il a décidé de rapporter son expérience.
Il le fait ici avec humour, enthousiasme communicatif et gaieté, en évoquant sans fard les grandes joies et les petites misères qui auront ponctué ses vies d'entrepreneur, celle du chef d'entreprise, bien sûr, celle du patron des patrons aussi, celle enfin de l'académicien comblé par les honneurs que la République réserve à ses enfants les plus méritants, et en l'occurrence l'un de ses plus facétieux.

342 p.

paru chez Fayard

Pour en finir avec Vichy
Les racines de la passion
1940-1941

Henri Amouroux
Membre de l'Académie

De quoi s'agit-il dans ce livre consacré aux six derniers mois de 1940 et aux deux premiers de 1941 ? De montrer, comme je me suis toujours efforcé de le faire, grâce, en partie, à l'aide de milliers de lecteurs-témoins qui, depuis 1976, m'ont confié leurs témoignages et leurs souvenirs, que « les choses » ont été infiniment plus complexes qu'on ne le dit, l'écrit, le montre.
Après l'armistice, et parce qu'il y a désaccord profond sur l'armistice, comment le conflit Pétain- de Gaulle — le premier auréolé de la gloire de Verdun, le second encore inconnu et solitaire à Londres —, va-t-il se développer, avec, pour enjeu, l'âme des Français ?
Les faits ? Oui, les faits : l'armistice, Mers el-Kébir, le renvoi de Laval, les mesures antisémites et les mesures hostiles aux francs-maçons, les faits qui sont comme « transfigurés » par les passions d'un temps de passions, soudain réveillées. Et c'est à la recherche des racines de ces passions, celles qui nourrissent la violence des discours de De Gaulle ; celles qui incitent l'Église à prendre sa revanche sur la franc-maçonnerie ; celles qui vont conduire jusqu'à l'exclusion, l'arrestation, la livraison à l'occupant de Juifs, parce que Juifs, que je suis allé.
En écrivant Les Racines des passions, j'ai voulu expliquer et faire comprendre l'éclosion de ces passions qui devaient transformer de si nombreux Français en frères ennemis.

 

723 p.

paru chez Robert Laffont

Dictionnaire du roman policier

Jean Tulard
Membre de l'Académie

À moins qu'on ne tienne à le faire remonter à Voltaire (Zadig) voire à Sophocle (Œdipe), ce tard-venu qu'est le roman policier apparaît au milieu du XIXe siècle avec Edgar Poe. Depuis, il manifeste dans toutes les grandes langues une vigueur, une fécondité, une inventivité que les genres plus assis lui envient. Argent, pouvoir; sexe, haine... : il touche toutes les passions humaines, toutes les cultures, tous les milieux. Génies du crime, policiers et détectives privés aux profils les plus inattendus, énigmes insolubles, peintures sociales, atmosphères violentes, situations cauchemardesques, affaires d'espionnage...  : il est bien un monde à lui seul. Faut-il s'étonner que nombre d'écrivains « classiques » se soient laissé tenter par quelque incursion dans la « planète polar » ?
Avec une ampleur de vue et une précision qui ne sont exclusives ni de l'humour ni de coups de cœur, les 2253 entrées du dictionnaire rédigé par jean Tulard renseignent le curieux et le spécialiste sur les auteurs (et les éditeurs), les œuvres (et les grandes collections), les personnages, les archétypes et les thèmes avec un luxe d'informations bibliographiques (et filmographiques). Cette mine sans équivalent est appelée à devenir la bible des milliers d'aficionados et de lecteurs occasionnels de romans policiers.


768 p.

paru chez Fayard

Les régimes matrimoniaux

François Terré
Membre de l'Académie
et
Philippe Simler
Professeur à l'Université Robert-Schuman (Strasbourg III)

Le droit des régimes matrimoniaux a traditionnellement pour objet l’ensemble des rapports pécuniaires des gens mariés, d’où le mot : matrimonial. Il est aux biens des intéressés ce que le droit du mariage est à leur statut personnel…
Les régimes matrimoniaux sont divers et supplétifs : un choix est laissé aux futurs époux entre la communauté, comportant des variantes, la séparation des biens et la participation aux acquêts ; à défaut de choix exprimé, s’applique le régime légal de la communauté réduite aux acquêts ; en cours d’union, un changement de régime est possible sous certaines conditions.
A tous, la loi impose cependant un ensemble de règles essentielles — de coopération, d’autonomie et de crise — formant le régime dit « primaire ».
L’exposé des règles communes (régime primaire, conventions matrimoniales, changement de régime) est suivi de l’étude des deux familles de régimes, communautaires et séparatistes.
Bien que l’adjectif matrimonial ne leur convienne plus, faute de mariage, le régime des couples non mariés vivant en concubinage ou liés par un pacte civil de solidarité (PACS) a appelé un aménagement comparable de régimes patrimoniaux étudié à la fin du Précis.


782 p.

paru chez Dalloz

Les obligations

François Terré
Membre de l'Académie
et
Philippe Simler
Professeur à l'Université Robert-Schuman (Strasbourg III)
et
Yves Lequette
Professeur à l'Université Panthéon-Assas (Paris II)

L’obligation est un lien de droit permettant au créancier d’exiger du débiteur une prestation, positive ou négative.

Le contrat est quotidiennement à la source d'obligations vente, échange, louage, dépôt, prêt... Et nombre de questions se posent, concernant ses conditions et ses effets, les parties, les tiers et la société tout entière. Le législateur intervient souvent au secours du débiteur.

Les obligations extra-contractuelles naissent le plus fréquemment d’accidents, longtemps liés à des fautes commises et connues, inhérents de plus en plus, par l'ampleur des dommages et l’exigence de réparation, à une société qui change. Mais si la loi intervient, c’est surtout au secours du créancier.

Les obligations sont soumises à des règles communes : le régime général des obligations. Comment le créancier obtient-il satisfaction d’un débiteur ? Quel pouvoir a-t-il sur ses biens ? À qui s’en prendre ? Les solutions varient selon les situations. L’obligation n’est ni immuable, ni éternelle. Elle peut être transmise — cession de créance, de dette, de contrat. Tôt ou tard, elle s’éteint, souvent par l’effet d’un paiement, mais aussi autrement : compensation, novation, prescription...

Au-delà d’une promesse donnée ou d’une faute commise, le droit des obligations est la voie royale de la compréhension du juridique.

1474 p.

paru chez Dalloz

Les personnes
La famille
Les incapacités

François Terré
Membre de l'Académie
et
Dominique Fenouillet
Professeur à l'Université Panthéon-Assas (Paris II)

 

Aptitude à être titulaire actif et passif de droits, la personnalité juridique est reconnue aux individus, les personnes physiques, ainsi qu'à des groupements, les personnes morales. De sa naissance à sa mort, la personne physique a de nombreux droits. Elle est localisée par son domicile ou sa résidence. Elle est identifiée, notamment par les actes de l'état civil. Des groupements sont aussi personnalisés (associations, syndicats, ...) ; d'autres ne le sont pas, notamment les familles.

Au fondement de celles-ci, il y a le couple. S'il est marié, la famille est légitime. Les conditions et les effets du mariage, ainsi que le démariage, notamment le divorce, ont évolué vers plus de liberté et d'égalité. Et, dans le même temps, les couples non mariés et la famille naturelle ont été davantage considérés.

Rapprochement semblable quant à l'enfant, légitime ou naturel. L'établissement — contentieux ou non — du lien de filiation (charnelle, adoptive, par procréation assistée) varie. La condition juridique du mineur découle de l'autorité parentale. Comme celle du majeur protégé — spécialement du malade mental —, elle concerne sa personne et ses biens (administration légale, tutelle, curatelle).

Depuis la précédente édition de ce Précis (1996), d'importantes réformes ont été réalisées : pacte civil de solidarité (PACS), bioéthique, autorité parentale, nom de famille, divorce, filiation... Toutes ont, en profondeur, ébranlé le droit des personnes et de la famille. Nous avons essayé d'y voir clair.

1474 p.

paru chez Dalloz

Innovation, Désorde, Progrès

Pierre Tabatoni,
Membre de l'Académie

Engendrée par la culture, la créativité indivuduelle et collective, l'information, l'innovation est le fleuros des « marchés de connaissances ». Elle est « toujours une sortie brusque de l'apaathie, un désir, un mouvement dont personne n'a l'initiative, quelque chose qui dit: en avant », écrivit E. Renan.

Cet ouvrage nous propose un schéma du phénomène d’innovation technologique et économique, et les « désordres » de la « destruction créatrice » qui fondent sa dynamique, dans une économie de marché. En exergue, un bref dialogue mythique entre Prométhée, pro-actif et créatif, et Epiméthée, son frère, plus prudent, éclaire le problème central des rapports entre l’innovation, le risque, et le « désenchantement » actuel du progrès.

235 pages
paru chez Economica

Règles de la profession d'avocat

André Damien
Membre de l'Académie
et
Henri Ader
président de la commisison de déontologie à Paris

Les règles et usages de la profession d'avocat, après avoir évolué durant les deux derniers siècles, sont aujourd'hui transformés et complétés par la loi du 11 février 2004.

Cette nouvelle édition est enrichie de développement portant notamment sur le Conseil de discipline, la formation, l'établissement de l'avocat dans l'Union européenne, la collaboration interprofessionnelle, le règlement des conflits inter-barreaux, les réseaux et autre conventions, la succession d'avocats dans un dossier, les rapports avec la partie adverse et le Code de déontologie des avocats de l'Union européenne.

Ansi cet ouvrage pourra continuer à apporter des réponses aux difficultés, pratiques et théoriques, qui se posent aux avocats dans les 181 barreaux de France, aux membres des conseils de l'ordre et des conseils de discipline, aux magistrats, ainsi qu'aux étudiants des centres de formation.


561 p.

paru chez Dalloz

A contre-courant
Mémoires

Michel Crozier
Membre de l'Académie

1969: je rentre définitivement de Harvard. Mes travaux inspirent le projet de "Nouvelle Société" défendu par Chaban. Commence alors pour moi une carrière, aussi ingrate qu'exaltante, de réformateur...

L'un des plus illustres sociologues française, dont l'œuvre signe l'engagement réformateur (La Société bloquée, l'Acteur et le système, Le Mal américain, Etat modeste, Etat moderne, L'Entreprise à l'écoute, La Crise de l'intelligence), livre le second volet de ses Mémoires, un tableau haut en couleurs des trente dernières années mais aussi le récit lucide et sans compromis d'une pensée en actes.

373 p.

paru chez Fayard

Les nonces du pape
à la cour de Louis XIV


Pierre Blet,
Correspondant de l'Académie

Treize nonces apostoliques ont représenté auprès de Louis XIV les sept papes qui se sont succédé sous son règne. Le Père Blet met à mal dans ce livre une tradition historiographique, selon laquelle le nonce, n'étant que l'ambassadeur d'un prince étranger, n'exerçait pas un rôle religieux extra-diplomatique.

Le tableau de la vie quotidienne des nonces les montre certes dans leur mission diplomatique normale. Mais, délégué apostolique, il est en relation constante avec les évêques, les religieux et les sujets du roi — en dépit de la légende tenace d'un acte royal interdisant aux prélats français toute relation avec le nonce.

309 pages

paru chez Perrin

 


Retraites, santé :
n'est-il pas trop tard ?

Thierry de Montbrial
(sous la direction de)


Actes du colloques tenu en octobre 2001 à la Fondation Singer Polignac, ce livre complète le tour d'horizon de la France au début du XXIe siècle, conduit à l'Académie en 2001, sous la présidence de Thierry de Montbrial, et paru en mars 2002 chez le même éditeur, sous le titre La France du nouveau siècle.

Clauude Bébéar, Jean-Michel Charpin, Jacques Dupâquier, Jean de Kervasdoué et Daniel Laurent y livrent un diagnostic précis et informé de la situation de la France en matière de démographie et de protection sociale. Ils assortissent leur constat lucide de vraies propositions pour relever les défis majeurs que doit affronter notre société.


111 pages

paru aux Presses Universitaires de France

Déclin de la morale ?
Déclin des valeurs ?

Raymond BOUDON
Membre de l'Académie

Le thème du déclin des valeurs et de la morale est omniprésent, dans les conversations courantes, mais aussi dans la littérature sociologique. Plusieurs analystes voient le passage de la modernité à la postmodernité comme discontinu, et se traduisant par une disparition des valeurs, ou du moins des valeurs qui ne peuvent se justifier de manière fonctionnelle. Une analyse de données issues d'enquêtes sur les valeurs mondiales permet de réfuter ce diagnostic. Elle porte sur sept pays occidentaux et étudie les relations entre âge et valeurs, ainsi qu'entre niveau d'instruction et valeurs.

On en tire une impression de continuité plutôt que de discontinuité : les jeunes et les plus instruits apparaissent comme ayant des systèmes de valeurs très structurés s'agissant de divers sujets : famille, politique, travail, religion, moralité notamment. Les jeunes veulent approfondir les valeurs des aînés plutôt qu'ils ne s'y opposent.

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Ce livre vient de paraître aux
Presses Universitaires de France